Histoire et patrimoine de l'Onera

 1 • Création et statut de l’Onera en 1946

Loi du 3 mai 1946 : « Rassembler au sein d’un organisme public l’ensemble des moyens de recherche appartenant à l’Etat »
Onera : « Etablissement public, scientifique et technique, à caractère industriel et commercial, doté de l’autonomie financière, placé sous l’autorité du ministre des Armées »
Mission : « développer, orienter, coordonner les recherches scientifiques et techniques dans le domaine aéronautique » (et spatial, 1963)
Article de Jean DUBOIS, Notes et souvenirs sur la "fondation" de l'ONERA - Les Nouvelles de l'Onera n° 7 Juin 1966, pages 3-11 logo pdf
Sur le site officiel de l'Onera, lire : L'ONERA dévoile les 70 ans de son histoire

 2 • Les centres

Centre de Chalais-Meudon, premier laboratoire d'essais aéronautiques au monde :

En 1793 le Comité de salut public implante à Meudon son centre de recherche militaire sur les aérostats.
En 1877 est créé l’établissement central de l’aérostation militaire sur une partie de l’ancien parc du château de Meudon, appelé Chalais-Meudon. La direction de ce centre, qui devient le premier laboratoire d'essais aéronautiques au monde, est confiée au capitaine Charles Renard

L'aérostation
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aerostats-hangar-y-meudon

© Musée de l'Air et de l'Espace
Sortie d'un ballon du hangar Y, par une compagnie d'aérostiers, en 1881.
Charles Renard se fait affecter une partie de la Grande Galerie des Machines, construction métallique de l'Exposition Universelle de 1878, et fait remonter le bâtiment en 1881 à Chalais Meudon.
L'ingénieur Henri de Dion (maître de Gustave Eiffel) a inventé ce type d'architecture de ferme sans entrait, permettant de dégager entièrement le volume intérieur. La charpente métallique est en treillis, prenant en compte de façon innovante l'élasticité du matériau.
Ce nouveau hangar est identifié par le repère Y, par les militaires. Dans un premier temps il sert à l'amélioration des ballons, puis il sert à la construction de dirigeables.
C'est dans ce hangar Y, que les capitaines Charles Renard et Arthur Constantin Krebs construisirent le dirigeable électrique "La France" (long de 51m, un volume de 1863 m3 avec hélice actionnée par un moteur électrique de 8 ch alimenté par pile).
Le hangar Y est le monument historique le plus ancien du monde dans le domaine de l'aérostation. En 1982, ce hangar Y est classé monument historique. Les travaux actuels de restauration du Hangar Y sont conduits par la Conservation Régionale des Monuments Historiques d'Ile de France.
dirigeable La France
Le "La France", premier ballon dirigeable français entièrement contrôlable.
En collaboration avec Charles Renard, Arthur Constantin Krebs a piloté le premier engin entièrement contrôlable. Le 9 août 1884 ils effectueront une boucle entre Meudon et Villacoublay, pour un trajet de 8 kilomètres, effectué en 23 minutes. Il s'agit du premier vol en circuit fermé du monde, le ballon atterrissant à son point de départ.
Sur les sept vols effectués entre 1884 et 1885, La France est revenu à son point de départ cinq fois.
aeroplane n°6 Ferber
En 1904 le capitaine d'artillerie Ferdinand Ferber est détaché de l’Artillerie au Génie. Le 9 mai 1904, il est affecté à Chalais-Meudon et se consacre entièrement à ses travaux sur le plus lourd que l’air. Pour son aéroplane n°6 à moteur à explosions, il fait construire des pylônes formant un plan incliné à 33 % qui soutiennent un câble de 40 mètres de longueur. Cette inclinaison permet d’obtenir à son extrémité, au moment où l’aéroplane est lâché, une vitesse initiale de 10 mètres à la seconde.
aeroplane n°6bis Ferber
Le 27 mai 1905, Ferdinand Ferber réalise à Chalais-Meudon son premier parcours motorisé avec son aéroplane n°6 bis. C’est le premier vol glissé motorisé, stable et contrôlé en Europe, la pente de la trajectoire a été diminuée de près de moitié et n’est plus que de 12%.
Premier militaire a être breveté par l’Aéroclub de France, Ferber devait se tuer peu après dans un accident d’avion, le 22 septembre 1909.
Ballon_Caquot
En 1915 Albert Caquot, capitaine d'un bataillon d’aérostiers, réalise un modèle de ballon captif d'observation, fuselé et équipé de stabilisateurs arrières. L’atelier aérostatique de Chalais-Meudon se met alors à fabriquer des « ballons Caquot ».
musee de l'air de meudon
En 1921, le musée de l'Air est inauguré à Chalais-Meudon. C'est le premier du genre qui ait été créé au monde, à l'initiative du commandant Caquot, dès 1918. Les hangars de Chalais-Meudon seront visités par le public jusqu’au transfert complet, en 1981, des collections du musée au Bourget.

En 1946 le Service de Recherches Aéronautiques du ministère de l’Air (SRA) et son annexe à Meudon (Parc aéronautique de Chalais-Meudon) sont intégrés à l'Onera lors de sa création.

Chronologie
Le Comité de salut public implante à Meudon en 1793 son centre de recherche militaire sur les aérostats.
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chalais-meudon
© Musée de l'Air et de l'Espace
Un patrimoine
La grande soufflerie S1Ch, construite de 1932 à 1934, sur le modèle Eiffel, permet de tester les appareils réels, moteur allumé et pilote à bord. 1932 - 1934 Construction de la soufflerie S1Ch (Les Nouvelles de l'Onera juillet 1989) logo pdf
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s1ch-ensemble
 © ONERA
En 2000, classement au patrimoine de la grande soufflerie S1Ch, et d’une partie du site à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
Témoin essentiel de l'architecture industrielle de l'entre-deux-guerres, la grande soufflerie de Meudon s'impose aussi comme un moment important de l'aventure aéronautique française.
Lire la suite : www.urcaue-idf.archi.fr logo pdf
Les débuts de l'aviation
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morane-saulnier-315
© Musée de l'Air et de l'Espace
L'un des premiers avions en fonctionnement réel essayé dans la veine de la soufflerie S1 de Chalais en 1936 fut ce vénérable Morane-Saulnier 315, d'entraînement qui devait faire les beaux jours des écoles de pilotage après la guerre !
Le mur du son
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Mystère 2 soufflerie ChS5 © Onera
Le passage du mur du son est simulé en 1953, pour la première fois en France, sur une maquette du Mystère II dans la soufflerie S5Ch de Meudon.
strioscopie-mirage4 © Onera
Visualisation par strioscopie des ondes de chocs liées aux écoulements supersoniques sur une maquette de Mirage IV.

 

Pour les passionnés des choses de l'air, Meudon a un grand pouvoir d'évocation. C'est ici que sont nées l'aérostation et l'aviation militaire françaises et qu'elles ont progressé grâce aux expériences scientifiques qui s'y sont déroulées...
Lire la suite : Site de l'Association Carnet de Vol
Lire aussi "Patrimoine économique" : Site de la ville de Meudon

Centre de Palaiseau :

Onera Palaiseau 1991
Le centre de Palaiseau en 1991, bâtiments J1 et J2

Dès la libération en 1944, le GRA (Groupement français pour le développement des Recherches Aéronautiques) envisagea le regroupement de ses centres dispersés en province, dans la région parisienne. Le choix se fixa début 1946, sur le Fort de Palaiseau qui se trouvait à l'abandon.
Lorsque l'Onera absorba le GRA en 1947, les premiers occupants du Fort furent le personnel du GRA muté d'Arles. Ce fut le premier embryon des éléments de la Direction scientifique de l'énergétique.
En 1950, l'effectif du Fort s'accroît par l'arrivée du personnel de l'EAT (Etablissement Aéronautique de Toulouse).
Depuis fin 2014 ce centre est le siège social de l'Onera.

Pour en savoir plus :

Palaiseau à sa naissance, par J. Dumanois (Extrait des Nouvelles de l'ONERA n°7, juin 1966) :
Les Nouvelles de l'Onera n° 92 Automne 1991, pages 1-4 logo pdf

Fort de Palaiseau, bref rappel historique par R. Molinier :
Les Nouvelles de l'Onera n° 92 Automne 1991, pages 15-16 logo pdf

Centre de Châtillon :

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Le siège social de l'Onera à Châtillon en 1968

Construit à l'emplacement d'anciens jardins ouvriers, cet édifice de taille imposante est né de l'initiative de l'homme d'affaires Serge Alexandre Stavisky. Celui-ci fait construire, en 1932, un sanatorium destiné à s'appeler Maison de santé mutualiste, mais la banqueroute frauduleuse de Stavisky « qui fut à l'origine de l'un des plus grands scandales politico-financiers de la IIIe République » causa l'arrêt des travaux. L'immeuble reste inachevé jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale où il est affecté à l'Office national d'études et de recherches aérospatiales.
Texte en provenance du site : Patrimoine des communes de France
Pour en savoir plus sur l'Affaire Stavisky

Centre de Modane-Avrieux :

Modane, de sa préhistoire à son histoire par Marcel Pierre : Les Nouvelles de l'Onera n° 85 Décembre 1989, pages 7-11 logo pdf

Construction de S1MA en 1948
© Onera
1948 : début de la construction de S1MA, la plus grande soufflerie sonique au monde
Onera_Modane-Avrieux
Commune d'Avrieux : Patrimoine Industriel, Scientifique, et Technologique

Centre de Toulouse :

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© Onera

Les opérations de décentralisation réalisées au cours des années soixante ont conduit à l’implantation d’un certain nombre d’organismes et d’établissements aéronautiques et spatiaux à Toulouse. Ainsi, différents laboratoires français vont être peu à peu regroupés en un ensemble initialement appelé CERT (Centre d’Etudes et de Recherches de Toulouse). Bien que rattaché à l’établissement public industriel et commercial, Onera, le centre jouit dès sa création en 1968 d’une large autonomie.
En savoir plus : www.onera.fr/fr/nos-centres/centre-de-toulouse-histoire
La soufflerie T2 du Cert logo pdf

Centre de Lille :

L'Institut de Mécanique des Fluides de Lille (IMFL) est rattaché à l'Onera au moment de sa création en 1946.
Deux personnages ont particulièrement marqué l'Institut de Mécanique des Fluides de Lille, de sa création en 1928 à son rattachement à l'Onera : Marie-Joseph Kampé de Fériet, et André Martinot-Lagarde
L'IMFL est géré directement par l'ONERA dans la période 1946-1950. Il est alors dirigé par André Martinot Lagarde, successeur de Joseph Kampé de Fériet. L'IMFL est intégré dans l'Université des Sciences et Technologies de Lille dans la période 1950-1983, puis à nouveau géré directement par l'ONERA depuis 1983, sous le nom d'ONERA - Centre de Lille. En savoir + sur l'IMFL : fr.wikipedia.org

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1933 - Vue aérienne de l'IMFL en construction
Soufflerie subsonique L1 inaugurée le 7 avril 1934
www.onera.fr/daap/soufflerie-l1/historique.php

 

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maquette générique AGARD dans la soufflerie subsonique L1
© Onera 2009

Centre du Fauga-Mauzac :

centre onera salon de provence
© Onera

En 1972, le ministère de la Défense confie à l'Onera la construction d'une grande soufflerie subsonique à haut nombre de Reynolds. Le site du Fauga-Mauzac est retenu. L'équipe de projet est formée à la direction des souffleries de Modane Avrieux dirigée par Marcel Pierre. Jean Christophe, chef de projet, entraîne avec lui une équipe motivée...
Le 14 novembre 1977, le secrétaire d'Etat aux Transports Marcel Cavaillé, le délégué général pour l'armement Jean-François Martre et le préfet de région Tony Roche inauguraient avec le président de l'Onera Pierre Contensou la soufflerie F1 du Fauga-Mauzac.
Puis l'Onera a décentralisé au centre du Fauga-Mauzac une partie de l'activité d'essai de la direction de l'énergétique, liée à des études de propulsion.

Centre de Salon-de-Provence :

centre onera salon de provence
© Onera

Dès la fin des années 80, l’armée de l’air se propose d’adosser l’enseignement dispensé à l’École de l’air à une activité de recherche. L’Onera répond à cet enjeu et crée un Centre sur la Base aérienne 701 dès 1992.
Lire la suite : http://ecole-air.fr/la-recherche/
Le Centre de Recherche Onera de Salon-de-Provence : CROSP ecole-air.fr logo pdf

 3 • Quelques réalisations marquantes

 La balance-dard : instrument de mesures essentiel en soufflerie, inventé à l'Onera en 1950

balance-dard
la première balance-dard avec sa maquette © Onera
baie de mesure
la baie de mesure d'essai © Onera

Après la deuxième guerre mondiale, l'ONERA participa activement au renouveau de l'aviation, en partie par la création d'un nouvel instrument de mesures essentiel en soufflerie, et mondialement adopté : la balance-dard
Les forces aérodynamiques agissant sur une maquette d'avion en soufflerie étaient encore mesurées en 1953 par un système de balances à poids (système Eiffel).
En 1946, une nouvelle technique de mesure des contraintes est apparue : l'extensométrie. Et en 1950 André Devacht, Ingénieur de recherches à la Direction de la Physique, propose une nouvelle solution : placer la maquette sur un dard, et mesurer les déformations du support grâce à cette nouvelle technologie, d'où le nom : balance-dard. Il conçoit 2 prototypes qui sont exposés par l'ONERA au salon Mesucora en Allemagne en 1953.
La réalisation nécessite la création de formes permettant l'analyse vectorielle des 6 composantes du torseur aérodynamique, par les déformations tensorielles du support. Cette solution permet la mesure simultanée des 6 composantes.
Egalement est développée une chaine de mesure adéquate : sensible uniquement aux variations de résistance des jauges, avec une réponse linéaire, et précision 10-3, résolution et fidélité : 1,25 Angström, un enregistrement analogique et un affichage numérique en clair, chaque 6 secondes.
La première mise en essai date de 1954, avec 6 composantes sur une voie de mesure, à la soufflerie S3 de Chalais Meudon. Les mises en service datent de 1956, avec 3 voies à S3Ch, et de 1958, avec 6 voies à GSMA Modane.
En 1996 dans les conclusions d'une enquête mondiale, la NASA déclare que les balances ONERA sont parmi les meilleures au monde. Il n'y a pas, à la connaissance d'André Devacht, de solution plus précise à l'heure actuelle.

Pour en savoir plus : publications dans La Recherche aéronautique n° 20, 52, 70, 75, 85.

 La microsonde de Castaing inventée à l'Onera en 1951 par Raimond Castaing permet de connaître la composition de la matière à l'échelle du micromètre :

Raimond Castaing 1951
Raimond Castaing en 1951 :
Agrégé de physique de l'Ecole normale supérieure, Raimond Castaing intègre l'Onera en janvier 1947 à la direction des Matériaux.
André Guinier, grand spécialiste de la radiocristallographie, lui propose comme sujet de thèse la possibilité d'analyse locale avec un faisceau d'électrons et détection des rayons X. On lui confie un microscope en transmission CSF, doté de lentilles électrostatiques à fortes aberrations, pour réaliser son prototype. Raimond Castaing soutient sa thèse le 8 juin 1951. Dans cette thèse figure, non seulement le principe de l'instrument mais aussi toutes les bases de la microanalyse X.
schéma sonde
Schéma de principe de l'instrument :
Il repose sur une méthode d'analyse élémentaire qui consiste à bombarder un échantillon avec des électrons et à analyser le spectre des rayons X émis par l'échantillon sous cette sollicitation. Le spectre des rayons X émis par la matière est caractéristique de la composition de l'échantillon, en analysant ce spectre, on peut en déduire la composition élémentaire, c'est-à-dire les concentrations massiques en éléments. Les spectromètres à rayons X peuvent être de type WDS pour l’analyse quantitative (dispersion de longueur d'onde) ou EDS pour l’analyse qualitative (dispersion de l'énergie).
prototype microsonde
Premier prototype :
André Guinier va convaincre l'IRSID de financer la fabrication d'un prototype. Avec l'aide de l'excellente équipe technique de l'Onera, un 1er prototype est présenté en juillet 1955 à l'exposition de physique à la Sorbonne puis installé à l'IRSID de Saint Germain en Laye. Un 2ème prototype est réalisé à l'Onera.
Castaing avec son equipe
Raimond Castaing travaillant sur son instrument avec son équipe.

Une des particularité de cette microsonde réside dans un microscope optique à objectif à miroirs, de type Cassegrain, placé dans la lentille finale et qui a été imaginée par Raimond Castaing et Georges Nomarski de l'Institut d'Optique. Non brevetée, cette inovation a pu être largement copiée par les constructeurs concurrents.
Cette sonde sera commercialisée en 1958 par CAMECA sous le nom de MS85 en France et MS58 aux USA.

Source: Doc GN MEBA pages 31-40logo pdf
Pour en savoir plus : LPS Orsay Wikipedia : Raimond Castaing - Microsonde de Castaing

 Mise en service en 1952 du tunnel hydrodynamique vertical TH1 :

Henri Werlé

Dès 1952, la direction aérodynamique de l'Onera met en service à Châtillon un tunnel hydrodynamique vertical, dénommé TH1, fonctionnant par vidange d’un réservoir sous l’effet de la gravité et produisant un écoulement de vitesse 20 cm/s.
Grâce à Henri Werlé, éminent expérimentateur, ce moyen de simulation hydrodynamique s'est révélé un excellent outil de recherche pour aborder des problèmes de mécanique des fluides dans le domaine incompressible en fournissant de splendides visualisations de l'écoulement autour de maquettes rendu visible par l'utilisation de traceurs appropriés. La visualisation s’effectue soit à l’aide de traceurs liquides colorés, de même densité que l’eau, émis sur la maquette soit à l'aide de bulles d’air ou d’hydrogène réparties dans tout l’écoulement et éclairées par des tranches de lumière. Il est à noter que malgré les différences considérables de nombres de Reynolds et de Mach, les écoulements à basse vitesse dans l’eau reproduisent, avec fidélité, les traits les plus marquants des champs aérodynamiques et, en particulier, les décollements et les tourbillons.
Le laboratoire des analogies hydrauliques sera équipé d'un autre tunnel TH2 en 1981 (vitesse d'écoulement de 1,5 m/s) et d'une cuve TH3 en 1964 destinée aux essais au point fixe (par exemple pour les rotors d’hélicoptères en vol stationnaire).
Les travaux d'Henri Werlé ont certainement contribué au renom de l’Onera.
Source : COMAERO pages 90-92logo pdf

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Décollement induit par un obstacle émoussé
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Aile delta mince
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Maquette d'avion de combat placée à incidence élevée
Exemples d'écoulement visualisés en tunnel TH1 en 1957 par onera Courants et couleurs - 1974 par onera

 Le Deltaviex, avion expérimental conçu par l’Onera :

Deltaviex_S1Ch
© Onera
Deltaviex_Onera
© Onera
Deltaviex_Onera
© Onera
Le Deltaviex est un avion expérimental conçu par l’ONERA dans le cadre de la mise au point de véhicules supersoniques. Construit par la SNCASO en 1953, il a été expérimenté à la fois en vol et en soufflerie. Le prototype unique de petites dimensions (envergure : 3,4 m, longueur : 7,1 m) a volé en 1954 et a été présenté en vol en 1956 a Brétigny.
Il s’agissait d’évaluer les performances aux basses vitesses sur une configuration d’aile à forte flèche (70 degrés) en forme de "queue d’hirondelle", Les premiers "sauts de puce" au C.R.V./ONERA à Brétigny firent apparaître une très dangereuse instabilité du contrôle en roulis rendant l’avion impilotable. Mais le contrôle de circulation par soufflage au bord de fuite de l'aile, étudié quelques années auparavant et appliqué au Deltaviex, permit de contrôler le roulis. Les deux rampes de soufflage étaient alimentées par prélèvement sur le petit réacteur Turboméca Marboré II de 400 Kg de poussée. Les vols avec ce contrôle automatique furent un plein succès. C'était le premier système de contrôle actif, par jets, au monde. Malheureusement, l’avion ne put jamais réaliser de « vrais » vols car il n’y avait pas de siège éjectable. D’où l'interdiction de voler par les services officiels.
Source : lettre AAAF N°9-2004 page 10logo pdf
Voir aussi le site : minijets.org

 La saga des statoréacteurs, les missiles expérimentaux :

Le statoréacteur est un système de propulsion par réaction, basé sur la combustion d’un carburant dans de l’air atmosphérique. Il n'est constitué que d'un tube et ne comporte aucune pièce mobile, d'où le terme « stato » pour  statique. S’il « pousse » idéalement entre Mach 3 et Mach 5, il lui est impossible de fonctionner à l’arrêt ni aux « faibles » vitesses subsoniques.
Dès la création de l’Onera en 1946, le statoréacteur suscite un vif intérêt parmi les chercheurs car il allie subtilement les sciences de l’aérodynamique, de la thermodynamique et des matériaux. Les études démarrent sans délai : elles seront conduites avec foi et enthousiasme pendant des décennies.
Depuis cette époque de pionniers, l’intérêt pour le stato ne s’est jamais démenti en France. Les vecteurs de la force de frappe aéroportée – missiles ASMP puis ASMP-A – sont d’ailleurs propulsés par statoréacteur. L’Onera, qui possède en la matière un savoir-faire mondialement reconnu, travaille actuellement sur des technologies capables d’atteindre des vitesses hypersoniques, supérieures à Mach 5.

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Engin Ardaltex, 1957
© Onera, Auteur : VIAUD
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Engin Vd2120_03, 1958
© Onera, Auteur : R. BERTON
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© Onera, statoréacteur Stataltex sur son pas de tir à Hammaguir. Records mondiaux d'altitude et de vitesse en 1962 en atteignant Mach 5 à 38 km d'altitude
Pour en savoir plus :
Conférence de Philippe Cazin "La saga des statoréacteurs à l'Onera"
Site : xplanes.free.fr

 Premières fusées de l'Onera :

Site : fuseurop.univ-perp.fr

Article : Les premières recherches spatiales à l'ONERA
Auteur : Jacques Bouttes, ancien Directeur pour les applications aéronautiques et spatiales à l'Onera

En couverture d'Air & Cosmos n° 171, 29 octobre 1966
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Les deux nouvelles fusées TITUS réalisées par l'ONERA et qui seront utilisées le 12 novembre 1966 par le CNES en Argentine. Ces fusées ont un premier étage piloté et une charge scientifique stabilisée de façon à viser le soleil pendant son éclipse par la Lune.

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Fusée d'essai Bérénice, en 1962.
Dès 1959, l'Onera conçut une famille de grandes fusées multi-étages à trajectoire quasi-verticale pour notamment mesurer en vol l'échauffement cinétique, aux vitesses de rentée dans l'atmosphère, des têtes d'engins balistiques.
De 1959 à 1962, l'Onera lançait au Centre d'Essais de Méditerranée 8 exemplaires de sa fusée Antarès, à 4 étages à poudre, dont les 2 derniers étaient allumés à la descente de manière à atteindre Mach 8 à l'entrée dans la stratosphère. Antarès fut remplacé par Bérénice qui portait à Mach 12 la vitesse de rentrée.
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Fusée sonde Titus, dérivée de Bérénice et équipée du système de pointage Cassiopée, en 1966.
L'expérience acquise par l'Onera en matière de conception, de construction et d'essais en vol de fusées lui a permis la réalisation d'une expérience particulièrement délicate : observer à partir d'un terrain du centre de l'Amérique du Sud, et au dessus de l'atmosphère, le passage fugitif de la lune devant le soleil, le 12 novembre 1966 à 13 h 42 TU. Le vol balistique de deux fusées, à 30 secondes d'intervalle, réalisa le pointé au quart de degré près d'une tête de 400 kg contenant les instruments d'observation.
tibere
© Onera La fusée Tibère au Centre d'essais des Landes en 1972.
L'expérience Electre logo pdf

 Mission spatiale GOCE (Gravity field and steady-state Ocean Circulation Explorer) :

Après une récolte de données sur la gravité qui aura duré deux années, la mission GOCE est une réussite scientifique remarquable.

accelerometres Onera
© ONERA
Au coeur du succès, l'instrument principal de la mission : le gradiomètre triaxial, conçu pour mesurer la gravité terrestre depuis l'espace. qui repose sur l'ultrasensibilité de mesure de six accéléromètres conçus et fabriqués par le Département Mesures Physiques (DMPH) de l'Onera, leader mondial pour cette technologie. Ils livrent des informations clés aux océanographes, sismologues et géophysiciens du globe avec une précision de 10-5 m/s², leur permettant d’accéder plus finement à la dynamique de circulation des océans ou de mieux comprendre les processus en jeu dans les tremblements de terre.
satellite GOCE
© ESA
Le satellite européen GOCE (maîtrise d'œuvre Thales Alenia Space), d'une masse totale de 1.100 kg, a été lancé en mars 2009 pour cartographier les variations de la gravité terrestre. Grâce à un moteur ionique innovant alimenté par les panneaux solaires, ce satellite a pu être maintenu à une orbite héliosynchrone exceptionnellement basse (moins de 260 km), ce qui lui a permis de cartographier les variations de la gravité terrestre avec une très grande précision et d'acquérir de nouvelles connaissances sur la densité de l'air et la vitesse des vents dans la haute atmosphère. Mais sa mission est arrivée au terme naturel de sa vie le 21 octobre 2013 quand il s'est désintégré lors de sa rentrée dans l'atmosphère terrestre
geoide
© ESA
Première carte du champ de gravité par GOCE publiée par l’Agence spatiale européenne le 2 juillet 2010.
Le géoïde est défini comme une surface équipotentielle du champ de gravité de la Terre. Sur les océans, il coïncide avec la surface moyenne des océans, c'est-à-dire avec la surface des océans au repos, sans marée ni courant. Il est une surface de référence pour mesurer la circulation océanique, le changement du niveau de la mer et la dynamique des glaces.
La sismologie et l'océanographie sont les deux disciplines qui tireront le mieux parti des données fournies par GOCE.
Pour en savoir plus :
Conférence «Six d'un coup, ou le challenge réussi de la mission spatiale GOCE!» par Bernard FOULON Résumé de l’exposé logo pdf
mission accomplie pour goce et ses accelerometres onera
les accéléromètres Onera ont mesuré la traînée jusqu'à la fin
fr.wikipedia.org
pages 17-20 du Bulletin AAO "Espace"logo pdf

 4 • Ouvrages

Nouvelles de l'Onera juin 1966.jpg
© ONERA 1966
Numéro spécial Nouvelles de l'Onera, juin 1966.
ouvrage_30ans_Onera.jpg
© ONERA 1976
Cet ouvrage a été réalisé pour le trentième anniversaire de l'Onera.
ouvrage_40ans_Onera.jpg
© ONERA 1986
Cet ouvrage a été réalisé pour le quarantième anniversaire de l'Onera.
Les Nouvelles de l'Onera 14 juillet 1989
© ONERA 1989
Les Nouvelles de l'Onera 14 juillet 1989
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© ONERA 1997
Ce livre a été réalisé dans le cadre de la célébration du cinquantième anniversaire de l'Onera.
2007-livre-meudon
© ONERA 2009
www.science.gouv.fr
Aéronautique-Jean_Carpentier
Auteur : Jean Carpentier, président de l'Onera de 1984 à 1991
www.eyrolles.com
Paul Germain
Auteur : Paul Germain, directeur général de l'Onera de 1963 à 1968
www.eyrolles.com
Albert Caquot 1881-1976
Auteur : Jean Kerisel
www.eyrolles.com
Le Radar 1904-2004
Auteur : Yves Blanchard, ancien Chef de Division à l’Onera
www.eyrolles.com
COMAERO AERONAUTIQUE EN FRANCE tome II
COMAERO Weber ÉTUDES ET RECHERCHES logo pdf
L'aventure spatiale française
nouveau monde éditions logo pdf

 

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